
Le contact entre un chat et une chenille processionnaire est une urgence vétérinaire. Même si les chats sont moins souvent touchés que les chiens, les conséquences peuvent être tout aussi graves.
Dans ce dossier : Guide complet sur les chenilles processionnaires
Les chats représentent environ 7 % des cas d’exposition animale déclarés aux centres antipoison vétérinaires, contre 91 % pour les chiens selon les données de l’ANSES. Cette différence s’explique par leur comportement.
Le chat est naturellement plus méfiant. Contrairement au chien qui renifle et lèche ce qui l’intrigue, le chat observe d’abord, puis joue avec ses pattes. Il a rarement pour habitude de lécher les chenilles, ce qui le protège partiellement des atteintes buccales les plus graves. Cependant, cette prudence relative ne le met pas à l’abri du danger.
Un chat joueur sera attiré par une procession de chenilles au sol. Le mouvement en file indienne éveille son instinct de chasseur. En donnant des coups de patte, il entre en contact avec les poils urticants qui se détachent facilement et se fixent sur sa peau, ses coussinets, voire son museau s’il s’approche de trop près.
Les signes cliniques dépendent de la zone de contact. Ils apparaissent souvent rapidement, parfois en moins de quelques heures.
Signes généraux d’alerte : votre chat semble nerveux, agité, se gratte plus que d’habitude ou se lèche de façon compulsive une zone précise. Il peut saliver excessivement, vomir ou refuser de manger. Ces comportements inhabituels doivent vous alerter, surtout au printemps.
Atteinte des pattes : c’est la localisation la plus fréquente chez le chat. Les coussinets et la peau entre les doigts gonflent, rougissent et deviennent douloureux. Le chat peut boiter ou refuser de poser la patte au sol.
Atteinte de la gueule : moins fréquente que chez le chien, mais possible si le chat a léché ses pattes contaminées ou mordu une chenille. La langue gonfle rapidement, peut tripler de volume et changer de couleur (grise, violacée). Des ulcérations apparaissent, suivies dans les cas graves d’une nécrose tissulaire.
Atteinte des yeux : si le chat s’est frotté le visage après avoir touché des chenilles, une conjonctivite sévère peut se développer. Les yeux sont rouges, larmoyants, douloureux. Un risque d’ulcère de la cornée existe si des poils ont pénétré dans l’œil.
Cas graves : comme chez le chien, un œdème de Quincke ou un choc anaphylactique peut survenir chez les animaux allergiques. Le chat présente alors des difficultés respiratoires, un gonflement de la face et peut perdre connaissance. C’est une urgence vitale.
Pour mieux comprendre pourquoi ces poils sont si dangereux, consultez notre article sur les dangers des chenilles processionnaires.
Chaque minute compte. Voici la conduite à tenir.
Protégez-vous d’abord. Les poils urticants sont aussi dangereux pour vous. Enfilez des gants avant de manipuler votre chat. Évitez de vous frotter le visage pendant l’intervention.
Empêchez votre chat de se lécher. En se toilettant, il risque de transférer les poils de ses pattes vers sa gueule ou ses yeux, aggravant considérablement la situation. Si vous avez une collerette, c’est le moment de l’utiliser.
Rincez doucement si possible. Vous pouvez rincer la zone touchée à l’eau froide, sans frotter. Si la gueule est atteinte, un rinçage doux peut aider, mais selon les sources vétérinaires, cette pratique est discutée (le frottement peut casser les poils et libérer davantage de toxine). Dans tous les cas, la priorité absolue reste la prise en charge vétérinaire immédiate.
Consultez en urgence. Appelez votre vétérinaire traitant ou une clinique de garde. Même si les symptômes vous semblent légers, les lésions peuvent évoluer dans les 24 à 48 heures suivant le contact. Ne prenez pas le risque d’attendre.t

Il n’existe pas d’antidote contre la thaumétopoéine, la toxine responsable des réactions. Le traitement vise à limiter l’inflammation, soulager la douleur et prévenir les complications.
Le vétérinaire commence par un nettoyage minutieux des zones touchées pour éliminer un maximum de poils urticants. Il administre ensuite des anti-inflammatoires (généralement des corticoïdes), des antihistaminiques pour limiter la réaction allergique, des antidouleurs et des antibiotiques pour prévenir les surinfections. Des pansements gastriques peuvent être prescrits si le système digestif est atteint.
Dans les cas graves, une hospitalisation est nécessaire pour surveiller l’évolution et mettre en place des mesures de réanimation si besoin. Le chat peut être placé sous perfusion, voire sous oxygène en cas de détresse respiratoire.
Si la nécrose de la langue est trop importante, une glossectomie partielle (ablation d’une partie de la langue) peut être envisagée. Cette intervention permet souvent au chat de continuer à vivre, même si l’adaptation à l’alimentation demande du temps.
Le pronostic dépend de la zone touchée, de la quantité de poils entrés en contact avec l’animal et surtout de la rapidité de la prise en charge.
Les atteintes limitées aux pattes, si elles sont traitées rapidement, ont généralement un bon pronostic. Les atteintes buccales sont plus préoccupantes en raison du risque de nécrose de la langue. Les réactions allergiques graves (choc anaphylactique) engagent le pronostic vital et nécessitent une intervention immédiate.
Un chat pris en charge rapidement a de bonnes chances de récupération. Mais les lésions, notamment la nécrose, peuvent évoluer pendant 24 à 48 heures après le contact. C’est pourquoi les vétérinaires insistent : en cas de doute, consultez sans attendre.
Le risque suit le cycle de vie des chenilles et varie selon l’espèce.
Pour la processionnaire du pin, la période critique se situe principalement de janvier à mai. Les chenilles descendent des arbres en procession au printemps pour s’enfouir dans le sol. C’est à ce moment qu’elles sont les plus visibles et les plus accessibles pour un chat qui joue dehors.
Pour la processionnaire du chêne, le risque est concentré d’avril à juillet. Les chenilles restent généralement sur l’arbre, mais peuvent tomber ou être dispersées par le vent.
Avec le réchauffement climatique, ces périodes s’allongent. Des cas sont signalés dès décembre dans certaines régions. Pour connaître le calendrier précis, consultez notre article sur la période des chenilles processionnaires.
La prévention est plus complexe avec un chat qu’avec un chien, surtout s’il sort librement. Quelques mesures peuvent toutefois réduire le risque.
Identifiez les arbres à risque. Repérez les pins et les chênes autour de chez vous. Les nids de processionnaires du pin ressemblent à des bourses de soie blanche aux extrémités des branches. Ils sont bien visibles en hiver.
Limitez l’accès aux zones infestées. Si vous avez des pins dans votre jardin et que des nids sont présents, essayez de restreindre l’accès de votre chat à cette zone pendant la période critique. Un enclos ou un filet de protection peut être envisagé.
Surveillez le comportement de votre chat. Au retour d’une sortie au printemps, observez-le. S’il se lèche une patte de façon insistante, semble gêné ou présente un comportement inhabituel, inspectez-le et consultez en cas de doute.
Faites traiter les nids. Si vous êtes propriétaire et que des arbres de votre terrain sont infestés, faites intervenir un professionnel. La destruction des nids réduit le risque pour toute la famille, animaux compris. Notre article sur les pièges à chenilles processionnaires détaille les solutions disponibles.
Signalez les nids dans l’espace public. Prévenez votre mairie si vous repérez des nids dans un parc ou une zone fréquentée. Depuis 2022, il existe un cadre national sur les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine ; dans de nombreuses communes, les services peuvent organiser des actions ou orienter les signalements.
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Mon chat peut-il mourir à cause des chenilles processionnaires ? Oui, même si c’est plus rare que chez le chien. Les décès sont généralement dus à un choc anaphylactique ou, dans les cas d’atteinte buccale sévère, à l’impossibilité de s’alimenter suite à une nécrose de la langue. C’est pourquoi tout contact est considéré comme une urgence vétérinaire.
Les chats sont-ils moins à risque que les chiens ? Ils sont moins souvent touchés (environ 7 % des cas contre 91 % pour les chiens) car ils ont tendance à jouer avec les pattes plutôt qu’à lécher. Mais les conséquences peuvent être tout aussi graves si le contact a lieu, notamment au niveau des yeux ou si le chat se lèche ensuite.
Que faire si mon chat s’est léché les pattes après avoir touché une chenille ? Consultez en urgence. En se toilettant, il a pu transférer les poils urticants vers sa gueule. Surveillez l’apparition de salivation excessive, de gonflement de la langue ou de difficultés à avaler.
Mon chat d’intérieur est-il protégé ? En principe oui, s’il ne sort jamais. Mais attention aux poils urticants transportés par le vent, qui peuvent se déposer sur un balcon ou entrer par une fenêtre ouverte dans les zones très infestées. Le risque reste faible mais pas nul.
Existe-t-il un traitement préventif ? Non. Il n’existe ni vaccin ni antidote contre la toxine des chenilles processionnaires. La seule prévention efficace est d’éviter le contact en limitant l’accès aux zones à risque et en faisant traiter les arbres infestés.
Dernière mise à jour : 05/02/2026
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