Gros plan des poils urticants microscopiques d’une chenille processionnaire du pin, invisibles à l’œil nu.

Chenille processionnaire : danger des poils urticants sur la peau, les yeux et les voies respiratoires

 

En bref

Les chenilles processionnaires du pin et du chêne possèdent des poils urticants qui contiennent une toxine inflammatoire. Ces poils se détachent facilement et peuvent atteindre leur cible sans contact direct avec la chenille.

  • Les réactions touchent principalement la peau, les yeux et les voies respiratoires.
  • Une exposition répétée peut provoquer des réactions allergiques, parfois graves.
  • Les nids vides restent dangereux : ils contiennent encore des poils urticants.
  • En cas de détresse respiratoire ou de réaction allergique grave : appelez le 15 ou le 112.

Dans ce dossier : Guide complet sur les chenilles processionnaires


Pourquoi les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses ?

Le danger ne vient pas d’une morsure ou d’une piqûre. Il vient des poils, ou plus précisément des soies urticantes que la chenille libère lorsqu’elle se sent menacée. Ces soies contiennent une protéine toxique, la thaumétopoéine, qui déclenche une réaction inflammatoire au contact de la peau ou des muqueuses.

L’ANSES précise un point important : il n’est pas nécessaire d’être en contact direct avec une chenille pour présenter des symptômes. Les poils se détachent très facilement sous l’effet du vent, du frottement ou d’une simple manipulation. Ils peuvent être transportés sur plusieurs dizaines de mètres et se déposer sur les vêtements, le linge, le mobilier de jardin ou le pelage des animaux.

Selon les données des centres antipoison analysées par l’ANSES, dans environ un cas sur deux, les personnes exposées n’avaient pas vu de chenilles. L’exposition s’était faite indirectement, par des poils déposés sur leurs habits ou dans leur environnement.


Les différents types de réactions aux poils urticants

Les soies urticantes peuvent provoquer des atteintes à trois niveaux selon le mode d’exposition.

Sur la peau, c’est l’atteinte la plus fréquente. L’ARS Centre-Val de Loire décrit une apparition dans les huit heures d’une éruption douloureuse avec plaques rouges, démangeaisons intenses ou sensations de brûlure. On peut aussi observer un œdème localisé, de l’urticaire, et parfois de petites cloques. La réaction peut s’étendre si les poils sont redistribués par le grattage ou le frottement des vêtements.

Sur les yeux, les symptômes apparaissent généralement plus rapidement, entre une et quatre heures après l’exposition selon l’ARS Île-de-France. On observe une conjonctivite avec rougeur, larmoiement et douleur oculaire. Dans les cas plus rares où un poil pénètre profondément, les conséquences peuvent être plus sérieuses et nécessitent une consultation ophtalmologique rapide.

Sur les voies respiratoires, l’inhalation de poils peut provoquer toux, irritation de la gorge et gêne respiratoire. Les personnes asthmatiques ou allergiques sont particulièrement sensibles. En cas de détresse respiratoire, il s’agit d’une urgence.

Pour savoir exactement comment réagir en cas d’exposition et quelle conduite adopter selon les symptômes, consultez notre article sur la piqûre de chenille processionnaire et les gestes à adopter.


Chenilles processionnaires : risque allergique en cas d’expositions répétées

Au-delà de la réaction inflammatoire immédiate, l’ANSES alerte sur un danger supplémentaire : le risque de sensibilisation allergique. En cas d’expositions répétées au venin contenu dans les soies, certaines personnes peuvent développer une allergie qui s’aggrave avec le temps.

Cette allergie peut se manifester par une baisse brutale de la tension artérielle, un malaise ou une perte de connaissance. Dans les cas les plus graves, on parle de choc anaphylactique. Les professionnels travaillant en forêt ou dans les espaces verts sont particulièrement concernés par ce risque, car leur exposition est récurrente.

C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent le port d’équipements de protection pour toute intervention dans une zone où des chenilles processionnaires sont présentes, même si aucune chenille n’est visible à ce moment-là.

Nid de chenilles processionnaires du pin formé de soie blanche, accroché à une branche de pin.

Nids de chenilles processionnaires : pourquoi ils restent dangereux

Une erreur fréquente consiste à penser que le danger disparaît une fois les chenilles parties. C’est faux. Les nids, même vides et abandonnés, contiennent une forte concentration de poils urticants qui se sont détachés au fil du temps. Ces poils conservent leur pouvoir urticant pendant plusieurs mois, voire plus d’un an selon les conditions.

Manipuler un nid sans protection, même ancien, peut donc provoquer une exposition importante. C’est aussi pour cette raison qu’il ne faut jamais balayer une procession de chenilles ou secouer une branche porteuse de nid : cela remet les poils en suspension dans l’air et augmente considérablement le risque d’inhalation.

La préfecture du Var rappelle explicitement cette consigne : ne jamais balayer une procession afin d’éviter de créer un nuage de poils urticants pouvant provoquer des atteintes cutanées, oculaires et respiratoires.

Pour savoir comment reconnaître un nid et quoi faire si vous en trouvez un, consultez notre article sur les nids de chenilles processionnaires.


Les périodes où le danger est le plus important

Le risque n’est pas constant toute l’année. Il dépend du cycle de vie de chaque espèce.

Pour la processionnaire du pin, la période de danger est principalement de janvier à avril, avec des variations selon les régions et la météo. C’est à ce moment que les chenilles descendent des arbres en procession pour s’enfouir dans le sol. Elles sont alors très visibles et facilement accessibles, ce qui augmente le risque de contact accidentel.

Pour la processionnaire du chêne, la période de danger se situe plutôt d’avril à juillet. Les chenilles restent sur l’arbre et tissent leurs nids sur les branches et le tronc, souvent à hauteur d’homme.

Santé.gouv confirme ces repères : les risques sont les plus importants principalement de janvier à avril pour la processionnaire du pin et d’avril à juillet pour la processionnaire du chêne, selon les conditions météorologiques.

Pour connaître le calendrier précis mois par mois et savoir quand agir, consultez notre article sur la période des chenilles processionnaires.


Qui est le plus exposé ?

Les enfants en bas âge représentent une population particulièrement vulnérable. Leur comportement exploratoire les amène à toucher ce qu’ils trouvent au sol, et parfois à porter les mains à la bouche ou aux yeux. La préfecture du Var précise que si un enfant a porté une chenille à la bouche, il faut consulter immédiatement le service des urgences.

Les animaux domestiques sont également très exposés, en particulier les chiens qui reniflent le sol. D’après les données des centres antipoison vétérinaires citées par l’ANSES, 91 % des cas d’exposition déclarés concernent les chiens, les chats représentant environ 7 % des cas. Les conséquences peuvent être graves : nécrose de la langue pouvant entraîner l’impossibilité de s’alimenter, ou atteinte oculaire sévère.

Pour savoir reconnaître les symptômes chez votre animal et réagir rapidement, consultez notre article sur les chenilles processionnaires et les chiens.


Précautions pour limiter les risques

L’ANSES recommande plusieurs mesures simples pour réduire l’exposition. Ne pas s’approcher des chenilles ni de leurs nids, et tenir les enfants à distance. Se tenir éloigné des arbres visiblement infestés. Porter des vêtements longs lors de promenades en forêt ou à proximité de zones à risque. Éviter de se frotter les yeux pendant ou après une balade. Bien laver les fruits et légumes du jardin si des arbres infestés se trouvent à proximité. Ne pas faire sécher le linge près d’arbres porteurs de nids.

En cas de suspicion d’exposition, la conduite à tenir est claire : prendre une douche et changer de vêtements. Si des symptômes apparaissent, contacter un centre antipoison ou consulter un médecin. En cas de détresse respiratoire ou de réaction allergique grave, appeler le 15 ou le 112.

Si vous souhaitez agir en amont pour protéger votre jardin, notre guide sur les pièges à chenilles processionnaires détaille les options selon votre situation (pin ou chêne, particulier ou professionnel).

 


FAQ

Les poils urticants restent-ils dangereux longtemps ? Oui. Les poils conservent leur pouvoir urticant pendant plusieurs mois, y compris dans les nids vides ou au sol. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler un nid sans protection, même s’il paraît abandonné.

Peut-on être touché sans voir de chenilles ? Oui. Les poils se détachent et sont transportés par le vent. Selon l’ANSES, dans environ la moitié des cas enregistrés par les centres antipoison, les personnes n’avaient pas vu de chenilles.

Les réactions sont-elles plus graves en cas d’expositions répétées ? Oui. L’exposition répétée peut entraîner une sensibilisation allergique, avec des réactions de plus en plus sévères pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique.

Quand le risque est-il le plus élevé ? De janvier à avril pour la processionnaire du pin, et d’avril à juillet pour la processionnaire du chêne, selon Santé.gouv.

Que faire si mon chien a été en contact avec une chenille ? Consultez un vétérinaire rapidement. Les chiens représentent 91 % des cas d’exposition animale déclarés, et les conséquences peuvent être graves (nécrose de la langue, atteinte oculaire).


Sources

 
Dernière mise à jour : 05/02/2026