
Les nids de chenilles processionnaires sont reconnaissables à leur aspect caractéristique dans les arbres. Leur apparence diffère selon l’espèce : bourses blanches soyeuses en bout de branches pour le pin, amas plaqués contre le tronc pour le chêne.
Dans ce dossier : Guide complet sur les chenilles processionnaires
Le nid de la processionnaire du pin est le plus facile à repérer. Il ressemble à une grosse boule de soie blanche, d’aspect cotonneux, accrochée aux extrémités des branches. Sa taille varie de quelques centimètres à 20-30 cm de diamètre selon l’importance de la colonie.
Les chenilles construisent ce nid de préférence sur la face sud de l’arbre, là où le soleil chauffe le plus. Cette orientation leur permet de survivre aux températures hivernales. Le nid est particulièrement visible en hiver, quand les branches sont dégarnies et que la bourse blanche contraste avec le vert sombre des aiguilles.
Les arbres hôtes sont principalement les pins (pin noir, pin sylvestre, pin maritime, pin d’Alep, pin laricio) mais aussi les cèdres. Si vous observez une masse blanche soyeuse dans un de ces arbres entre novembre et avril, il s’agit très probablement d’un nid de processionnaire.
Le nid de la processionnaire du chêne est différent et souvent plus difficile à repérer. Il ne forme pas de bourse cotonneuse en bout de branche. Les chenilles tissent des amas compacts, sans apparence soyeuse, plaqués directement contre le tronc ou sur les branches maîtresses.
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise que ces nids restent sur les branches et le tronc jusqu’à l’émergence des adultes, sans procession au sol. Ils sont visibles de mai à juillet, parfois à hauteur d’homme, ce qui augmente le risque de contact accidentel.
Les chenilles elles-mêmes sont différentes : foncées à tête noire, parsemées de taches rougeâtres et recouvertes de poils argentés. Elles vivent exclusivement sur les chênes (sessile, pédonculé).
C’est une erreur fréquente de penser que le danger disparaît une fois les chenilles parties. Les nids, même vides et abandonnés depuis des mois, contiennent une forte concentration de poils urticants qui se sont détachés au fil du temps.
L’ARS Nouvelle-Aquitaine est claire sur ce point : les poils restent urticants plusieurs années s’ils sont préservés de l’humidité. La préfecture du Var confirme que ces propriétés urticantes persistent même après la disparition des chenilles.
Concrètement, cela signifie qu’un vieux nid grisâtre accroché à un arbre depuis deux hivers représente toujours un risque. Le manipuler, le secouer ou passer en dessous par jour de vent peut libérer des milliers de poils microscopiques dans l’air.
Pour comprendre les effets de ces poils sur la santé, consultez notre article sur les dangers des chenilles processionnaires.

La période d’observation dépend de l’espèce.
Pour la processionnaire du pin, les nids sont visibles dès novembre et restent présents jusqu’en mars-avril. C’est en hiver qu’ils sont les plus faciles à repérer : les bourses blanches ressortent nettement sur le feuillage persistant des pins. Au printemps, quand les températures se radoucissent, les chenilles deviennent plus actives et les processions commencent. Elles quittent alors le nid pour descendre en file indienne et s’enfouir dans le sol.
Pour la processionnaire du chêne, les nids sont visibles de mai à juillet. Les chenilles restent sur l’arbre pendant toute leur phase de développement et ne forment pas de procession au sol.
Avec le réchauffement climatique, ces calendriers peuvent varier de plusieurs semaines selon les régions. Pour connaître les périodes précises mois par mois, consultez notre article sur la période des chenilles processionnaires.
La règle d’or est simple : ne touchez pas le nid, ne vous en approchez pas, et tenez enfants et animaux à distance.
Si le nid est sur votre terrain privé, la solution la plus sûre est de faire appel à un professionnel. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande explicitement de ne pas essayer de retirer les nids soi-même. Un professionnel dispose du matériel adapté (nacelle, échenilloir télescopique, équipements de protection) et connaît les protocoles de sécurité.
Si le nid est dans l’espace public (parc, forêt, bord de route), signalez-le à votre mairie. Depuis le décret n°2022-686 du 25 avril 2022, les chenilles processionnaires font partie des espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine. Ce cadre national permet aux communes d’organiser des actions de prévention et de lutte selon les situations locales.
Vous pouvez également utiliser la plateforme nationale de signalement mise en place par l’Observatoire des chenilles processionnaires (chenille-risque.info). Votre signalement sera transmis au référent local qui évaluera la situation.
La manipulation d’un nid, même avec précautions, expose à des risques réels. Les poils urticants se libèrent très facilement et peuvent atteindre la peau, les yeux et les voies respiratoires même sans contact direct. Les nids sont souvent situés en hauteur, ce qui ajoute un risque de chute.
Ce qu’il ne faut jamais faire :
Ne touchez pas le nid, ne le secouez pas, ne le percez pas. N’intervenez jamais par jour de vent : les poils seraient dispersés sur une large zone. N’aspirez pas un nid : cela le détruit et libère massivement les poils dans l’air. Ne laissez pas un nid coupé au sol sans le détruire : il reste dangereux.
La bonne approche : faites intervenir un professionnel équipé. C’est plus sûr pour vous, pour votre entourage et pour vos animaux.
Au-delà de la destruction des nids, d’autres approches existent pour limiter la population de chenilles sur votre terrain.
L’écopiège est un dispositif installé autour du tronc qui intercepte les chenilles lors de leur descente en procession. Il est efficace sur la processionnaire du pin, à poser avant la période de descente.
Le piège à phéromones permet de capturer les papillons mâles en été et de réduire la pression localement. Il est surtout utilisé sur la processionnaire du chêne.
Les prédateurs naturels peuvent aussi jouer un rôle. La mésange, notamment, consomme les chenilles directement dans les nids. Installer des nichoirs à mésanges est une mesure de prévention complémentaire recommandée par plusieurs guides techniques.
Le traitement biologique (Bacillus thuringiensis) peut être pulvérisé sur le feuillage en début d’infestation, avant que les chenilles n’atteignent leur stade urticant. Cette méthode est surtout utilisée par les professionnels.
Pour en savoir plus sur ces solutions, consultez notre article sur les pièges à chenilles processionnaires.
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Un nid vide est-il encore dangereux ? Oui. Les poils urticants restent actifs pendant plusieurs années dans les nids abandonnés, s’ils sont préservés de l’humidité. Ne manipulez jamais un nid, même s’il paraît vieux et vide.
Les chenilles reviennent-elles au même endroit chaque année ? Les nids ne sont jamais réutilisés, mais les papillons femelles ont tendance à pondre sur les mêmes arbres d’une année sur l’autre. C’est pourquoi on retrouve souvent des nids aux mêmes endroits.
Peut-on aspirer un nid de chenilles ? Non, c’est fortement déconseillé. L’aspiration risque de détruire le nid et de disperser les poils urticants dans l’air, créant un danger sanitaire immédiat.
À qui signaler un nid dans l’espace public ? Contactez votre mairie en priorité. Vous pouvez également utiliser la plateforme nationale de signalement sur chenille-risque.info, gérée par l’Observatoire des chenilles processionnaires.
Combien coûte l’intervention d’un professionnel ? Le tarif varie selon l’accessibilité, la hauteur et le nombre de nids. Contactez-nous pour un devis gratuit adapté à votre situation.
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